Les Malouins dans la Grande Guerre : le sacrifice de la famille Ruellan

Par |2018-11-10T15:57:06+00:0010 novembre 2018|Histoire|

Ce 11 novembre, à 11h00, toutes les cloches de France sonneront à l’unisson pour célébrer le centième anniversaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale. Cet article est un hommage à ces malouins qui ont vécu la guerre, sur le front ou à l’arrière.

Les Ruellan sont une famille de notables Malouins, catholiques et patriotes. Jules et Marguerite ont dix-huit enfants, treize sont encore vivants quand la guerre entre les puissances européennes éclate. Dispersée, la fratrie va se retrouver sous les drapeaux. Que ce soit André, éleveur en Uruguay, Bernard vivant à Philippeville en Algérie (aujourd’hui Skikda), Stanislas parti tenter sa chance aux États-Unis ou Julius le prêtre resté au pays, ils vont être mobilisés ou s’engager volontairement pour défendre la patrie.

Une partie de la famille Ruella dans la propriété de Paramé à Saint-Malo en 1903.

La famille la plus endeuillée de France

Six des dix frères vont mourir au front et deux autres décéderont quelques années plus tard de la suite de leur blessure :

Bernard (1888 – 1915), 26 ans, éleveur en Algérie, adjudant-chef au 3e régiment de zouaves, va être frappé d’une balle en plein cœur alors qu’il portait secours à un camarade blessé, à Roclincourt (Pas-de-Calais). Madeleine, sa sœur, gardera toute sa vie sa dernière lettre : « Je fais le sacrifice de ma vie en demandant au bon Dieu de me prendre de préférence à mes frères mariés. »

André (1885 – 1915), 29 ans, revenu de son plein gré de Montevideo, sera tué le 16 mai 1915, par une balle en plein front alors qu’il charge à la tête de sa section. Le sergent au 7e régiment d’infanterie coloniale, ne quittera plus Ville-sur-Tourbe dans la Marne.

Henri (1892 – 1916), 23 ans, le plus jeune des frères Ruellan, brigadier au 7e régiment d’artillerie sera enseveli vivant dès le début de la bataille de Verdun.

Louis (1878 – 1916), 38 ans, père de six enfants, capitaine au 308e régiment d’infanterie tombera un soir de novembre 1916 à Ablaincourt dans la Somme.

Berchmans (1890 – 1918), 27 ans, lieutenant au 23e bataillon de chasseurs à pied. Alors que sa compagnie se bat près d’Ypres en Belgique, elle est prise sous le feu des mitrailleuses. Jean ordonne à ses hommes de se mettre à l’abri, puis se dresse pour repérer l’origine des tirs. Il meurt debout, d’une balle en pleine tête.

Julius (1874 – 1918), 44 ans, aumônier militaire et capitaine au 93e régiment d’infanterie.  « Après avoir donné tant d’absolutions et béni tant de cercueils, il a décidé d’en découdre en première ligne dans un bataillon de chasseurs alpins, comme Jean. Le 1er octobre 1918, il monte à l’assaut à la tête de la 1er compagnie du 23e bataillon, alors que les Allemands reculent partout. La victoire est proche. Lui ne connaîtra pas « La Marseillaise » de l’Armistice. Une balle le prive de son rêve. » (Source)

Les deux frères morts des suites de la guerre sont :

Xavier (1881 – 1930), lieutenant au 223e régiment d’artillerie. Le 23 mars 1918, au cours d’une violente attaque par les gaz (ypérite, aussi appelé gaz moutarde), il est sérieusement atteint. Il meurt des suites de son intoxication.

Auguste (1877 – 1938). Réformé en 1917, il meurt après une paralysie de plus de vingt ans.

Seuls Stanislas et Charles, reviendront du front. Le second sera même élu député d’Ille-et-Vilaine de 1919 à 1924. Deux des trois sœurs, Yvonne, née en 1872, et Madeleine, née en 1893, servent, pendant la guerre, comme infirmières à l’hôpital installé à Notre-Dame-des-Chênes.

Cette famille, qui a fait don de ses enfants à la patrie, a été citée en modèle dans toutes les écoles de France. Elle demeurera éternellement un symbole de l’hécatombe de la grande guerre.

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