Le 6 avril 2019, Saint-Malo vécut une soirée un peu particulière. Après une journée de travail à Dinard, les sept ministres des Affaires étrangères du G7 — Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni — traversèrent la Rance en bateau pour venir dîner dans le bureau du maire, au cœur du Château.

Un lieu chargé d’histoire

Ce n’était pas un hasard si Claude Renoult, maire de Saint-Malo, avait choisi cet écrin. Vingt ans plus tôt, en décembre 1998, le même lieu avait accueilli le sommet franco-britannique Chirac-Blair. Le Château de Saint-Malo redevenait, pour une soirée, le théâtre de la diplomatie internationale.

Un menu 100 % malouin

Pour cuisiner ce dîner d’exception, c’est le chef étoilé Luc Mobihan, du Saint-Placide place du Poncel, qui fut appelé. Installé à Saint-Malo depuis 2003 et étoilé depuis 2007, il releva le défi avec une philosophie simple : « faire ce que l’on sait faire, et servir une cuisine qui nous ressemble. » Au menu : maquereau grillé, araignée de mer et coquillages en apéritif, langoustine et crème de chou-fleur en entrée, mignon de veau rôti aux asperges bretonnes, et un dôme au chocolat noir et sarrasin caramélisé en dessert. Les vins ? Ceux de Yannick Heude, immergés en baie de Saint-Malo. Un repas de bout en bout ancré dans le terroir local, servi dans la vaisselle du restaurant, signée par des artistes.

Une arrivée par la mer, comme il se doit

La plupart des délégations arrivèrent par la Rance à bord des bateaux de la compagnie Corsaire, débarquant à la cale de la Bourse avant d’être acheminées jusqu’au Château sous escorte. Sur les remparts, les drapeaux des sept nations membres du G7 flottaient — juste en dessous de l’Hermine malouine, qui veillait, souveraine, depuis le sommet de la tour.

Douze convives au total partagèrent ce dîner de travail, poursuivant les discussions amorcées dans la journée : lutte contre les inégalités, sécurité internationale, cybersécurité, et situation en Afrique. Un dîner préparatoire au sommet de Biarritz, prévu en août suivant. Ce soir-là, Saint-Malo fut, le temps d’un repas, au centre du monde.